Martinique
Centième anniversaire de l'éruption de la PELEE
Baie

Mai 1902. St Pierre, surnommée PETIT PARIS. Depuis plusieurs jours déjà, la Montagne Pelée n'a cessé de gronder.

Volcan

A st Pierre, c'était les préparatifs des élections législatives. Les politiques menaient leur campagne, les scientifiques rassuraient les populations inquiètes. Puisque le volcan gronde sans gravité depuis plusieurs jour déjà, nul n'était besoin d'affoler le citoyen. Du moins pas avant le scrutin. Il faut préciser également que, à l'époque, les spécialistes volcanologues étaient loin de maîtriser cette technique , qui n'a été sérieusement développée que depuis cet événement (d'où la naissance du mot " péléen " en volcanologie) .

BELEM

Dans la baie de ce port qui était le plus important de la caraïbe, plein de bateaux en tout genre, la vie matinale reprenait son cours.

Le 8 mai, 8 heures du matin. La ville se réveillait. La population, bien qu'inquiète, s'habituait au vacarme du volcan.

Soudain !... Un tremblement de terre... Une explosion atomique...Une onde de choc...

Une pluie de pierres et de cendre à 800 °C retomba sur la ville et sa baie. La lave dégoulina. Un nuage toxique envahit l'atmosphère...

Le Volcan avait frappé, jetant son manteau mortuaire sur la ville... 2 minute d'agonie... Puis plus rien.

Le PETIT PARIS, cette merveille d'art et de culture, fut rayée de la carte.

Un seul survivant, prisonnier et protégé par le cachot où il était détenu. L'homme, brûlé mais vivant, fut retiré des décombres par les secours dès la disparition des gaz toxiques. Le malheureux n'aura pas tout perdu puisqu'il fut engagé comme légende vivante de St Pierre par un cirque américain.

Dans la baie, ni bateaux ni marins n'échappèrent au cataclysme. Ils gisent par plusieurs dizaines de mètres de fond. Un seul rescapé...Le BELEME...

Le Beleme, un bateau de commerce à 3 mats comme il y en avait des milliers à cette époque, se présenta au mouillage juste avant l'éruption, mais la baie était pleine à craquer. Il faut rappeler que St Pierre était le carrefour maritime entre les Amériques, les Antilles et l'Europe. Il faut rappeler également qu'il n'y avait pas de quais à l'époque, et que les bateaux , ancrés, embarquaient et débarquaient hommes et marchandises par l'intermédiaire de chaloupes et autres petites embarcations locales.

Ce navire, donc d'époque et toujours aussi beau, fut invité à aller " faire un petit tour ailleurs " en attendant qu'une place se libère. Et, bon gré mal gré, le capitaine mis le cap sur Le Robert, port moins important situé à l'opposé de St Pierre, coté atlantique, où il mouilla en attendant. Cette contrainte le sauva de la catastrophe.

Aujourd'hui les hommes de 1902 ont disparu mais Le Beleme et St Pierre sont encore là. Le Beleme a été retapé et St Pierre a été reconstruite sur ses ruines, sans les effacer.

La célébration de ce centenaire a voulu reconstituer tant faire se peut l'image de 1902 : le maximum de vieux gréments dans la baie, une animation portuaire proche de celle de l'époque, une ville fonctionnant comme elle avait été. Et il y a eu une quinzaine de bateaux anciens, de toutes nationalités comme autrefois, tous aussi beaux les uns que les autres, ainsi que des centaines de plaisanciers et navires de commerce de tout ordre en l'honneur du 8 mai 1902. La ville a revêtu ses habits de fête et l'ambiance était très conviviale (les images de cette page ont été prises ce jour du 8mai 2002).